lacentraleimmo

L'immobilier en Corse, maîtrisé et décrypté.

Actualité

Immobilier : hausse des taux d’intérêt, incertitudes politiques… Les prix des logements anciens repartent à

-0,8 % sur un an. L'indice Notaires-Insee, publié le 8 septembre 2026, confirme le retournement: les prix de l'immobilier ancien repartent à la baisse en France au deuxième trimestre, après un an de quasi-stabilité.

mis à jour 09 septembre 2026

Immobilier : hausse des taux d’intérêt, incertitudes politiques… Les prix des logements anciens repartent à

Double moteur: la remontée des taux de crédit et le gel électoral lié à la campagne présidentielle. Pour le marché corse, où les volumes restent structurellement plus faibles et les délais de transaction plus longs, ce signal national dessine un terrain de négociation radicalement différent de celui de 2023.

Les chiffres clés du T2 2026

La baisse nationale de 0,8 % sur un an masque des disparités marquées. Les maisons individuelles enregistrent un recul de 1,3 %; les biens situés en province, hors Île-de-France, fléchissent de 1,2 %. Sur le trimestre seul, la contraction atteint 1 %. En volume, 958 000 transactions de logements anciens ont été enregistrées entre juillet 2025 et juin 2026, un niveau stable par rapport à la période précédente. La phase de redressement amorcée entre octobre 2024 et décembre 2025, après la chute de volumes initiée en avril 2022, s'essouffle donc.

Le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers atteint 3,27 % hors assurance au mois de juin, selon la Banque de France. On remonte à février 2025 pour trouver un niveau comparable. L'inflation renouvelée par la flambée des hydrocarbures depuis fin février maintient la pression sur les conditions d'emprunt.

Le contexte politique comme frein spécifique

Les notaires du Grand Paris relèvent que le facteur déclencheur a basculé: aux tensions géopolitiques internationales du trimestre précédent succède désormais l'incertitude politique nationale. Les annonces de campagne présidentielle génèrent des interrogations chez les acquéreurs et les vendeurs, qui diffèrent leurs décisions. La Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) observe le même phénomène de report. Concrètement, le marché entre dans une phase d'attente stratégique.

Ce que ça change pour la Corse

Sur l'île, l'effet retard est la norme. Les prix corses n'ajustent pas aussi vite que sur le continent, mais le mécanisme est identique: taux en hausse + contexte politique = recul du pouvoir d'achat immobilier des ménages et élargissement de l'écart entre prix affichés et prix conclus.

Trois points de vigilance pour les acteurs du marché insulaire:

Acheteurs. La baisse nationale de 1,3 % sur les maisons individuelles signale que le segment pavillonnaire, majoritaire hors des grandes villes corses, est le plus exposé à la correction. Le moment est propice pour renégocier un bien déjà repéré ou pour formuler une offre inférieure au prix affiché de 5 à 10 %.

Vendeurs. Fixer son prix de vente à partir de références 2024 ou début 2025 revient à ignorer l'inflexion confirmée. Une décote de 2 à 5 % par rapport aux annonces actuelles permet de capter une demande en recul et d'éviter un moissonnage de 120 jours sur le mandat.

Investisseurs locatifs. Le taux de 3,27 % comprime le rendement net après crédit. En Corse, où les prix au m² restent élevés sur le littoral, le calcul de flux de trésorerie mensuel devient serré. Seuls les biens avec un potentiel de rénovation permettant un différentiel de loyer significatif conservent un amortissement viable sur 20 ans.

L'indice Notaires-Insee du troisième trimestre, attendu en décembre, confirmera ou infirmera la poursuite de la tendance. D'ici là, l'équation reste binaire: baisser ses attentes de prix ou accepter de patienter dans un marché dont la liquidité se contracte.